Le microbiote, une nouvelle piste pour mieux comprendre l’obésité


L’obésité ne serait pas que la somme de la sédentarité, de la malbouffe et d’une prédisposition génétique. Plusieurs études ont récemment démontré que la prise de poids serait liée à la composition du microbiote intestinal.

 

Le microbiote, c’est ces cent mille milliards de bactéries qui peuplent notre tube digestif. Cette flore microbienne contribue au bon fonctionnement du système digestif et du système immunitaire. Une infection, un stress prolongé, une maladie ou la prise d’antibiotiques peuvent déséquilibrer sa composition et affecter notre capacité à nous défendre contre les mauvaises bactéries. La flore intestinale se forme dès la naissance. In utero, le tube digestif du fœtus est stérile. Lors de l’accouchement, il commence à se remplir de bactéries, et il continue le faire durant les trois premières années de la vie: le contact avec la mère, l’alimentation, l’environnement vont participer à la formation de cet écosystème.

 

L’espoir de nouveaux traitements contre l’obésité

 

Aussi curieux que cela puisse paraître, il y aurait un lien entre le microbiote et l’obésité. « Ce qui est en jeu, c’est la composition du microbiote. Des perturbations de la flore,  l’absence de certaines bactéries, un déséquilibre entre certaines d’entre elles plus nombreuses que d’autres et qui prennent le dessus par exemple peuvent favoriser une inflammation. Un phénomène qui peut accroître l’appétit ou contribuer à stocker des kilos », explique le Pr Karine Clément, directrice de l’Institut de cardio-métabolisme et nutrition, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Cette nouvelle approche change radicalement les perspectives thérapeutiques et la recherche de nouveaux traitements.  « Déjà des chercheurs américains ont réussi à faire grossir une souris mince par le seul transfert de la flore intestinale d’une souris obèse », souligne le Pr Clément. L’objectif, c’est donc de mettre au point des médicaments ou des aliments contenant les bonnes bactéries, celles qui diminueraient les risques d’obésité et de ses complications : le diabète et les maladies cardio-vasculaires.

 

Brigitte-Fanny Cohen