Attention aux liaisons dangereuses entre manque de sommeil et cancer


Une étude vient de le confirmer : le travail de nuit  augmente le risque de cancer chez les femmes. Mais d’autres travaux dénoncent, de façon plus  générale, les liens entre le manque de sommeil et le risque de cancer.

 

Cette nouvelle a été réalisée sur 4 millions de femmes vivant en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Asie : au final, chez celles qui travaillent la nuit, en particulier les infirmières, le risque de développer un cancer s’accroit de 19% par rapport aux femmes exerçant leur métier de jour. Pour la première fois, on a pu déterminer que le travail nocturne pendant de longues années augmente significativement le risque de cancer de la peau (41%), celui de cancer du sein (32%) ou encore celui du cancer gastro-intestinal (18%). Mais le travail de nuit n’est pas le seul mis en cause. De plus en plus d’études s’accumulent pour dénoncer une « épidémie » dangereuse de manque de sommeil chronique à travers le monde.

 

Nuits trop éclairées

 

Nous devrions dormir en  moyenne 7H par nuit. Or 30% des Français dorment moins de 6H. Les activités nocturnes, les sorties, le temps passé devant les écrans raccourcissent nos nuits. « Ce manque de sommeil va induire une fragilité vis-à-vis d’un certain nombre de cancers, notamment du sein, de la prostate et du colon. Au fil du temps, le manque de sommeil chronique crée une moindre résistance aux processus inflammatoires et à la prolifération cellulaire, particulièrement à la prolifération des cellules cancéreuses », explique le Pr Joëlle Adrien, neurobiologiste, Présidente le l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance. A qui la faute ? En partie à la mélatonine, cette hormone secrétée dans l’obscurité. « Le problème aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas de vraie obscurité, à cause de l’éclairage nocturne dehors, mais aussi chez soi à cause de l’utilisation des écrans notamment. Ce trop plein de lumière va dérégler l’horloge biologique. Du coup, tout l’organisme se dérègle, avec des bouleversements hormonaux, un fonctionnement moins performant des organes,  une baisse des défenses immunitaires… Il devient moins résistant aux agressions avec, au final, un risque de cancer plus élevé », précise le Pr Adrien. Une solution pour ceux qui ne parviennent pas à dormir suffisamment la nuit : la sieste. C’est le meilleur moyen, à l’heure actuelle, de réduire ces risques et de contrebalancer les nuits trop courtes.

 

Brigitte-Fanny COHEN