Attention à l’alopécie de traction


Une jeune rappeuse et actrice britannique, Pagey Cakey, a lancé un cri d’alarme sur les réseaux sociaux : elle dévoile « l’alopécie de traction» dont elle a énormément souffert.

 

Imaginez un chignon ou une queue de cheval bien tirée : si cette coiffure est réalisée tous les jours, et si le cheveu est tiré en permanence, il va finir par tomber: à la longue, on observe un dégarnissement sur les tempes, le devant et l’arrière de la tête. L’alopécie de traction est donc une forme de calvitie provoquée pour les besoins d’une coiffure. « Elle se se manifeste le plus souvent de façon insidieuse : les femmes ne se rendent pas compte qu’elles perdent leurs cheveux car il y a un recul de la ligne d’implantation des cheveux qui s’opère de façon symétrique et très progressive. C’est au bout de quelques années que la perte de cheveux devient visible. Malheureusement, elle est définitive », précise le Dr Philippe Assouly, dermatologue à l’hôpital St Louis à Paris.

 

Un phénomène loin d’être marginal

 

« À force de trop tirer sur les cheveux, les petits vaisseaux sanguins qui sont normalement chargés de nourrir le bulbe pilaire se rompent. Le bulbe -cette petite poche qui contient le cheveu- n’est plus alimenté correctement et finit par s’atrophier : il donne alors naissance à des cheveux de plus en plus fins, qui se mettent à tomber. Pour un jour ne plus repousser du tout », explique encore le Dr Assouly. L’alopécie de traction peut concerner toutes les femmes qui adoptent régulièrement des coiffures serrées -queues de cheval, chignon- ou qui utilisent des extensions ou des rajouts de cheveux qui tirent aussi sur la racine et rajoutent du poids. Mais c’est un problème particulièrement fréquent chez les femmes noires ou métisses qui ont un cheveu génétiquement plus sensible à la traction, et qui adoptent souvent des coiffures qui tirent sur les cheveux : tresses, nattes, rajouts de cheveux… Ce problème esthétique s’accompagne souvent d’une grande déprime, voire d’une dépression. D’ailleurs, la jeune rappeuse Pagey Cakey a raconté sur les réseaux sociaux l’enfer qu’elle a vécu : son mal-être mais aussi le temps passé à cacher sa calvitie derrière des foulards. Jusqu’au jour où elle a tout dévoilé pour prévenir les autres femmes. C’est une greffe de cheveux qui lui a donné la force de témoigner publiquement. Le seul traitement réellement efficace pour combler les zones dégarnies. Mais un traitement, il faut le souligner, particulièrement onéreux.

 

Brigitte-Fanny COHEN